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Une entente avec La Presse pour la publication de mon blogue!

Catégories: Sur mon radar cette semaine

Publié le 03-28-17 à 11:48

Chers amis, j'ai lancé il y a quelques semaines un blogue hebdomadaire sur des tendances de société et de marché, en les associant à des œuvres d'opéra ou de musique classique. Vous avez été nombreux à me suivre et je vous en remercie. Votre enthousiasme est grandement apprécié.

Suite au lancement de cette initiative, j'ai conclu une entente avec La Presse qui a gentiment accepté de me publier une fois aux deux semaines, à compter dorénavant du 4 avril prochain. Je me synchroniserai donc avec La Presse et publierai maintenant en même temps qu'eux (et sur le même sujet). La version de La Presse sera un peu écourtée par rapport à celle que vous retrouverez sur mon blogue, alors que cette dernière version que vous pourrez trouver sur le site de CROP contiendra plus de détails, les tableaux statistiques, le résumé des valeurs et cordes sensibles expliquant le sujet débattu dans le blogue et, bien sûr, les extraits d'opéra et de musique classique.

Au plaisir de reconnecter le 4 avril!

Alain Giguère
Président, CROP inc.
Le 28 mars 2017

34 % des Canadiens se préoccupent peu de savoir si les informations qu’ils lisent ou regardent sont vraies ou fausses, pourvu qu’elles les touchent émotionnellement! (Et le mensonge dans Don Giovanni de Mozart)

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Publié le 03-20-17 à 16:18

Sommes-nous prêts pour un Donald Trump pour diriger le pays?

Durant sa campagne électorale, Donald Trump a admis avoir menti à quelques reprises lorsqu'il n'arrivait pas à captiver suffisamment ses auditoires. Lorsqu'il avait l'impression que les gens s'ennuyaient, il leur lançait des « ballons » et pouvait se rétracter par la suite lorsque l'information erronée n'était plus « utile ». Ce qui ne l'a pas empêché de devenir président des États-Unis. On aurait pu croire qu'un politicien qui admet mentir ne ferait pas long feu; mais au contraire, en disant ce que les gens voulaient entendre, peu importe que ce soit vrai ou faux, il a conquis les foules!

On a assisté aussi à toute cette explosion de « fausses nouvelles » (« fake news »), vague sur laquelle Monsieur Trump a certainement surfé (et semble continuer de le faire - en l'occurrence, la présumée écoute électronique de M. Obama).

Tout ce phénomène est profondément troublant. On ment aux gens, mais ça leur importe peu! Je me suis donc demandé s'il pouvait exister au pays une proportion significative d'individus pouvant réagir de façon similaire. Sans croire vraiment que nous arriverions à des résultats significatifs, nous avons quand même posé cette question dans notre dernière enquête sur les valeurs des Canadiens : « Quand je lis, j'écoute ou je regarde les informations, peu m'importe si elles ne sont pas totalement vraies, ce qui est important pour moi, c'est qu'elles me touchent émotionnellement, qu'elles fassent vibrer une corde sensible en moi ».

À notre plus grande stupéfaction, 34 % des Canadiens se sont estimés en accord avec cette affirmation! Près de deux personnes sur cinq au Québec (37 %), la province où cette proportion est la plus élevée, alors qu'on a obtenu 30 % en Colombie-Britannique et dans les Prairies, là où cette proportion est la plus faible.

Il est vrai qu'il y a trois fois plus de gens se déclarant « plutôt en accord » que « tout à fait d'accord » avec l'affirmation en question, 26 % contre 8 %; mais quand même, on ne rechigne pas trop à se faire mentir à la figure pourvu que l'on soit touché émotionnellement un peu!

Même ceux qui s'estiment « plutôt en désaccord » avec l'idée en question, une personne sur trois au pays (32 %, 38 % au Québec), sont étonnants! Comment peut-on ne pas être tout à fait en désaccord avec une telle affirmation? (34 % au pays, 26 % au Québec).

Des clientèles plus vulnérables

Les gens en accord avec ladite affirmation se retrouvent parmi ceux qui ont les revenus et les niveaux d'éducation les plus faibles au pays, parmi les immigrants, parmi les ouvriers et les cols bleus. Les plus étonnants sont les jeunes : 43 % des gens âgés de 18 à 24 ans sont en accord avec la question, 39 % chez les 25-34 ans.

C'est comme si devant une certaine vulnérabilité socioéconomique, le besoin de se faire réconforter dans ses perceptions, d'éprouver quelques émotions gratifiantes, d'être ému était plus important que d'avoir l'heure juste! Comme dans les régimes autoritaires, soviétiques ou communistes, c'est l'efficacité, l'utilité de l'information qui est importante et non sa justesse! L'efficacité étant, dans ce cas-ci, la capacité d'émouvoir, de toucher les cordes sensibles des gens.


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Est-ce là que nous mène le vent de populisme qui traverse actuellement les démocraties occidentales : la vérité comme une tradition perdant de sa pertinence dans ce nouveau monde complexe et incertain dans lequel nous sommes de plus en plus engagés?

Les valeurs et « postures mentales » motivant cette acceptation docile du mensonge!

Le profil socioculturel de ces « crédules assumés » permet quand même de comprendre pourquoi ils expriment une telle attitude. D'abord, ce sont des gens profondément cyniques. Ils croient que de toute façon toutes les élites de la société leur mentent! Les médias, les politiciens, les gens d'affaires, même les scientifiques, toutes ces élites ont quelque chose « à vendre » et nous mentent pour obtenir ce qu'elles veulent!

Ils se sentent aussi plus ou moins en posture d'exclusion dans la société. Ils se sentent déconnectés par rapport à ce qui se passe dans la société, à ce que l'on raconte dans les médias. Ils ont l'impression qu'il n'y a pas (ou plus) de place pour des gens comme eux dans notre société. Ils sont fatalistes. Le pire risque de leur arriver. Ils ont l'impression qu'ils ont peu de contrôle sur leur vie, tout en ayant l'impression en même temps qu'ils peuvent finir par s'adapter à la vie actuelle. Ce, par la désobéissance civile notamment (aux grands maux, les grands moyens!).

Ils valorisent aussi des leaderships forts dans la société, comme solution de redressement à ce monde qui leur donne l'impression de les exclure.

Nous revoilà donc revenus à M. Trump ou à son éventuel équivalent canadien!


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Les opportunités pour les entreprises et les organisations

J'aime bien, lorsqu'on identifie des phénomènes de société et de marché, en tirer des implications et des opportunités pour les organisations, les entreprises et les marques. Dans ce cas-ci, je ne conseillerais certainement pas de mentir aux gens ou aux consommateurs tout en les touchant émotionnellement afin de promouvoir sa cause! Mais les gens ont certainement besoin d'être émus, réconfortés, mobilisés via leurs cordes sensibles. L'opportunité en communication pour les marques et les organisations est donc, plus que jamais, de toucher les gens émotionnellement. Les informer est certes nécessaire, mais non suffisant.

Bien sûr, il faut redoubler de vigueur pour débusquer les fausses nouvelles et leurs auteurs. Un appel sans équivoque aux médias, aux organismes de presse et aux plateformes de médias sociaux. Il me semble que les efforts de Facebook et autres sont bien timides compte tenu de l'ampleur du phénomène.

Le mensonge chez Don Giovanni!

Dans l'histoire de l'opéra, l'un des plus grands menteurs, si ce n'est le plus grand, est certainement Don Giovanni. Il ne mentait pas pour conquérir le pouvoir politique, mais bien pour conquérir les femmes! J'ai choisi ici un extrait dans lequel son valet, Leporello, tente de « consoler » une conquête abandonnée de son patron. Il lui explique qu'elle n'est malheureusement qu'une de ses nombreuses conquêtes auxquelles il promet mer et monde (le mariage notamment) pour se prévaloir de leurs charmes. Il s'agit de ce que l'on nomme dans le répertoire « l'Air du catalogue », et j'oserai déclarer que c'est certainement l'un des plus beaux de toute l'histoire de la musique. Ici, dans une production « moderne » de la Scala de Milan (décembre 2011).

W. A. Mozart : Don Giovanni - Peter Mattei, Bryn Terfel, Anna Netrebko, Barbara Frittoli, Giuseppe Filianoti, Anna Prohaska, Coro e Orchestra del Teatro alla Scala, Daniel Barenboim, Production: Robert Carsen, Milano, release 06 Nov. 2015, Deutsche Grammophon.

26 % des Canadiens croient que les hommes sont supérieurs aux femmes! (Et la scène de la folie dans Lucia di Lammermoor)

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Publié le 03-10-17 à 17:14

L'égalité des sexes toujours en attente!

La Journée internationale des femmes, le 8 mars dernier, m'inspira à remettre en perspective une de nos questions de sondage dont les résultats m'ont toujours intrigué : « Quoi qu'on dise, l'homme conserve certaines supériorités naturelles sur la femme contre lesquelles on ne peut rien ». Une personne sur quatre au pays (26 %) est en accord avec cette affirmation, presque une sur trois au Québec (31 %), la province où l'accord avec cette question est le plus élevé, l'Atlantique étant la région où l'accord est le plus bas (à 20 %).

Le plus curieux est d'observer que ce sont les jeunes, les milléniaux, qui sont le plus en accord avec cette affirmation (32 %, une personne sur trois, et 37 % au Québec). Est-ce l'influence d'Hollywood? Les immigrants (les gens qui ne sont pas nés au pays), les techniciens et les ouvriers se distinguent aussi comme étant particulièrement en accord avec cette affirmation.

De plus, nous suivons les résultats de cette question depuis plusieurs années et les proportions ne bougent presque pas (23 % au pays en 2000). Un fond de sentiment de supériorité masculine refuse de se désincruster dans la société et ne semble pas vouloir bouger.

Soulignons enfin que même des proportions très semblables de femmes sont d'accord avec cette affirmation (24 %, 27 % au Québec), pour conclure que Tarzan peut certainement trouver sa Jane au pays!

Supériorité ou différence? Les valeurs et cordes sensibles sous-jacentes à ce point de vue

On nous a déjà fait remarquer qu'à toute interprétation « machiste » des résultats de cette question, on peut objecter que la force physique chez l'homme peut lui conférer une « certaine supériorité » (les hommes et les femmes ne sont pas dans les mêmes compétitions aux Olympiques). D'autres, partageant des points de vue plus féministes ou moins machistes, nous disent plutôt qu'aujourd'hui, la force physique chez l'homme est davantage une différence qu'une supériorité. Dans une économie de plus en plus orientée vers le savoir et même dans des métiers traditionnellement réservés aux hommes, les femmes performent aussi bien que ces derniers.


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D'ailleurs, ce qui est le plus convaincant dans ce débat c'est le profil des valeurs personnelles de ces individus qui sont en accord avec ladite affirmation : ils ne peuvent pas être plus conservateurs.

Ils expriment aussi une vive difficulté à vivre avec l'époque, un très faible sentiment d'emprise sur leur vie, une difficulté à vivre avec le changement et la complexité de la vie actuelle. Pour eux, la société n'a plus de balises, de normes, de morale, les rôles de chacun sont déstructurés. L'émancipation des femmes hors de leurs rôles traditionnels est une preuve de plus pour ces individus que notre société s'en va à la dérive!

Une question de statut est aussi en jeu, tout comme il y a beaucoup de nostalgie dans la psychologie sociale de ces individus. La nostalgie d'une époque où l'homme était la figure dominante, où il avait le statut le plus élevé dans la société. Ce besoin d'expériences de statut est toujours bien présent chez ces individus. C'est notamment ce besoin de statut social enviable qui motive ces individus à vouloir se camper dans des rôles traditionnels où les hommes et les femmes ont leurs places respectives (correspondant aux stéréotypes d'antan).

Il faut aussi ajouter qu'on retrouve une proportion significative d'immigrants, de gens nés à l'extérieur du pays, parmi les gens en accord avec cet énoncé. Ils proviennent souvent de sociétés dont les valeurs sont plus traditionnelles et qui imposent toujours des rôles très prédéterminés aux hommes et aux femmes.

Tout ça pour conclure que ceux qui sont d'accord avec cette question voient vraiment dans cette affirmation l'expression d'une supériorité sociale des hommes vis-à-vis des femmes dans des rôles stéréotypés traditionnels auxquels ils tiennent!

Les opportunités pour les entreprises et les organisations.

Je n'ai nullement la prétention de pouvoir proposer des solutions aux problèmes d'égalité entre les hommes et les femmes dans la société, d'autres s'y sont engagées depuis fort longtemps. Mais, compte tenu de ma préoccupation marquée pour la responsabilité sociale des entreprises (je crois sincèrement qu'elles doivent toutes s'y mettre), voilà un autre chantier fort prometteur.

Toutes les entreprises et les organisations sont fondées sur des valeurs. En 2017, dirait M. Trudeau, l'égalité, l'égalité des chances devrait faire partie des valeurs fondamentales de toute organisation, et des pratiques concrètes devraient être mises en place afin de s'assurer que cette valeur s'intègre dans la culture organisationnelle. Particulièrement où il y des techniciens, des jeunes et des immigrants, promouvoir une culture organisationnelle fondée sur l'égalité pourra sûrement faire évoluer la situation. D'autant plus que les résultats à cette question n'ont presque pas bougé en 20 ans.

Même pour les marques, promouvoir l'égalité des sexes ne peut que leur bénéficier sur les marchés d'aujourd'hui. À ce titre, Audi a eu une pub magnifique lors du dernier Superbowl, un placement média qui n'est certainement pas un des plus féministes! (http://www.superbowlcommercials.co/audi/)


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La scène de la folie dans Lucia di Lammermoor

Mon clin d'œil « opératique » de cette semaine, illustrant le chemin que les femmes ont fait socialement au cours des siècles, me provient de Lucia di Lammermoor de Gaetano Donizetti. L'opéra italien du 19e siècle a  régulièrement dépeint les femmes en hystériques, névrosées et instables. Dans cet extrait, Lucia a effectivement perdu la tête! Son frère l'a mariée de force à un « bon parti » pour l'avancement social de la famille. Le soir des noces, Lucia, comme dans un état de psychose, tue son nouveau mari et chante son allégresse de retrouver bientôt son ancien amoureux! Un passage que l'on nomme « l'air de la folie » dans le répertoire. Un bijou sur le plan mélodique!

Donizetti: Lucia di Lammermoor / Netrebko, Beczala, Kwiecien, The Metropolitan Opera, New York, 2009, Deutsche Grammophon.

45 % des Canadiens nous disent que consommer est un des plus grands plaisirs de la vie! (Et l’air des Bijoux de la Castafiore)

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Publié le 03-03-17 à 13:11

La consommation comme source unique de gratification!

Qu'il s'agisse de l'une de ces nouvelles télévisions 4K, d'un sac à main ou de souliers griffés, du dernier téléphone intelligent sur le marché, ou même de quelque chose d'aussi simple que le dernier disque d'un artiste populaire ou une bonne bouteille de vin..., peu importe ce qui est acheté, lorsqu'on creuse un peu dans la psyché des gens, la consommation génère incontestablement d'importantes expériences de gratification (variable quand même selon chacun des consommateurs).

Par ailleurs, à un rythme de plus en plus effréné, le marché nous inonde constamment de nouvelles offres, d'innovations et de gadgets, de produits améliorés, de nouveaux services, de nouveaux designs, nous invitant à de nouvelles expériences, etc. Une stimulation constante vient nous solliciter.

Et le marché est d'une formidable résilience à cet effet. Le taux d'endettement des consommateurs ne cesse d'augmenter et une logique strictement économique voudrait que la consommation des ménages s'affaisse un peu (population vieillissante, revenu plus ou moins à la hausse et endettement croissant, etc.). Mais non, le marché tient bon, les ventes au détail (incluant toutes les formes de distribution) ne se portent pas si mal.

Or, c'est justement parce ce qu'il y a des facteurs en jeu encore plus prédominants que ceux strictement économiques que la consommation de biens et services se tire si bien d'affaire : les valeurs des consommateurs, leurs motivations et cordes sensibles y jouent un rôle de premier plan.

Le plaisir de consommer comme une des motivations les plus porteuses chez les consommateurs

Par-delà les besoins strictement utilitaires motivant la consommation, un vif désir de gratification motive l'achat et l'usage de biens et services. Lors d'une de nos études, 45 % des Canadiens se sont estimés en accord avec l'idée voulant que « consommer, se payer quelque chose de nouveau, est un des plus grands plaisirs de la vie »! Près d'un consommateur sur deux au pays!

Le Québec, avec sa joie de vivre, remporte la palme du plus grand enthousiasme à 52 %, alors que c'est en Alberta que l'on trouve le taux le plus faible à 35 %. On observe aussi que c'est chez les milléniaux, les jeunes âgés de 18 à 34 ans, que cet enthousiasme pour la consommation est le plus élevé (54 %).

En fait, cet enthousiasme est l'expression d'un imposant cocktail de valeurs et de cordes sensibles venant motiver l'envie de consommer. Ces motivations peuvent varier d'une catégorie de produits à l'autre, mais certaines sont universelles, dont le besoin d'expériences de statut (« parce que vous le valez bien » dirait L'Oréal). Le produit, le service, la marque et l'expérience ont l'opportunité de valoriser celui qui les acquiert, les possède et qui les « porte ». Voilà ce qui, de loin, motive le plus cet enthousiasme pour la consommation. On veut se prouver « qu'on le vaut bien », tout comme on veut le prouver aux autres. On bâtit son identité avec ces produits, ces services et ces marques. On a l'impression d'avoir plus de valeur auprès des autres. Et, de nouveaux produits arrivant sans cesse sur le marché, ces acquisitions sont constamment à refaire pour maintenir son statut.


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Une autre motivation est certainement le « jeu », particulièrement en technologie. On veut des appareils, des interfaces et des expériences ludiques. On veut transformer le moindre rituel de la vie quotidienne en jeu, en occasion de divertissement (« gamification »).

Notons aussi que la responsabilité sociale et écologique s'impose de plus en plus comme un critère d'achat incontournable pour les consommateurs (à efficacité et prix comparables).

Enfin plusieurs autres cordes sensibles viennent motiver la consommation, mais elles sont souvent associées à des catégories de produits spécifiques.

Les opportunités pour les marques

La première et la plus importante est d'intégrer le plus possible des expériences de statut dans l'expérience de marque. Des privilèges, un prestige, des éléments d'expérience qui feront que le consommateur peut être fier de s'associer à la marque, de la « porter », pour sa propre identité personnelle et pour celle qu'il projette auprès des autres. Les programmes de fidélisation, lorsque bien conçus, peuvent jouer un rôle important ici en offrant des privilèges distinctifs selon la loyauté des clients. Plus on peut ajouter une valeur de prestige à l'expérience de marque, plus on joue sur cette corde sensible des consommateurs.

Il y a défi d'être ludique aussi. Toutes les marques ont l'opportunité de devenir des médias et donc de divertir tout en informant. Les interfaces et la technologie qui encadrent l'expérience de marque se doivent d'être ludiques.

Et enfin, la marque, tout comme l'entreprise qu'elle représente, se doit d'être socialement et écologiquement responsable. Ces critères doivent faire partie de la promesse de marque.


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Lien connexe : Les cordes sensibles des consommateurs d'ici – Infopresse

L'Air des bijoux dans Faust de Gounod

Un des plus beaux exemples que l'opéra peut nous donner du rehaussement de l'identité des gens par les produits qu'ils « portent » est certainement l'Air des bijoux dans Faust de Charles Gounod. Une référence qui est certainement familière à tous ceux qui ont lu Les aventures de Tintin lorsqu'ils étaient jeunes. C'est l'air chanté par la Castafiore dans l'Affaire Tournesol et qui exaspérait tant le capitaine Haddock. Les paroles ne peuvent pas être plus évocatrices... « Ah! Je ris de me voir si belle en ce miroir, ... Est-ce toi, Marguerite? ... Non, ce n'est plus toi! Non... C'est la fille d'un roi... ».

On rêve tous un peu que les marques, les produits et services que l'on consomme nous fassent passer pour la fille ou le fils d'un roi!

Faust, Charles Gounod: Jonas Kaufmann, René Pape, Marina Poplavskaya, Orchestra & Chorus of The Metropolitan Opera, Yannick Nézet-Séguin, New York, 2014, Decca.

82 % des Canadiens veulent une connexion plus intense avec la nature (Un appel à la 3e symphonie de Mahler!)

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Publié le 02-24-17 à 16:45

Que la force soit avec nous!

L'idée de ce texte m'est venue en faisant l'épicerie. Me baladant dans les inspirantes allées d'un supermarché « santé » (si l'on en croit leur promesse de marque), je fus frappé par l'imposante présence de produits se réclamant de l'épithète de « super-aliments » (« Superfoods »). Des graines de chia à haute teneur en oméga 3, calcium et fer, aux racines de Maca regorgeant d'antioxydants (un aphrodisiaque de surcroît, semble-t-il), aux baies de Goji, une autre source importante d'antioxydants longtemps associée dans certaines sagesses orientales à rien de moins que la vie éternelle, ces rayons de supermarchés exhalent de promesses à vous redonner vos vingt ans (enfin, les miens en tous cas).

Loin de moi l'idée de jeter un discrédit sur toutes ces offres alternatives des marchés d'alimentation, même si la littérature scientifique est loin d'entériner toutes les promesses qu'on nous fait (promenez-vous un peu sur Google), mais l'attrait de ces produits répond certainement à une très forte tendance dans le marché et dans la « culture » populaire. On observe clairement le besoin d'une connexion plus intense avec la nature, avec ses vertus mal connues, lesquelles, on espère, peuvent nous permettre d'atteindre une plus grande harmonie avec la vie.

Ce qui m'a rappelé un article sur le site de BBC il y a quelque mois sur les bénéfices santé de « se sentir partie prenante » de la nature. Citant des recherches conduites avec les plus hauts standards de scientificité, on y démontre les bienfaits pour la santé physique et mentale d'une connexion plus intense avec la nature, comme la réduction de la tension artérielle, des problèmes de fatigue chronique, d'anxiété, de déficit d'attention, et j'en passe.

Et pour ce faire, il ne s'agit pas nécessairement de déménager à la campagne; être suffisamment en contact avec la nature peut suffire (des parcs, des arbres, des jardins, des animaux, etc.). Mais surtout, c'est l'attitude, la « posture mentale » qui semble ici déterminante : une volonté de se sentir le plus possible en symbiose avec la nature. L'idée diffuse d'une « force cosmique » qui traverse la nature et à laquelle nous appartenons tous, sans en être totalement conscients.

Un phénomène fascinant et porteur : le Biomanisme

Au Canada, 27 % de la population partagent ardemment cette « posture mentale », désirant être le plus possible en symbiose avec la nature, avec la vie, alors qu'un autre 55 % le souhaite avec enthousiasme, ce qui nous donne un total de 82 % de la population! Cette posture mentale que nous mesurons depuis déjà quelques années veut que l'être humain ne domine pas la nature, il en fait partie. Il s'y fusionne.

Notons aussi qu'on observe peu de différenciation sociodémographique sur ce phénomène. Les femmes, les gens à plus faibles revenus, ceux qui ont des adolescents à la maison, ceux qui demeurent dans de petites municipalités ou en régions rurales sont un peu plus forts sur ce Biomanisme, mais les différences, même si significatives, demeurent toutefois très faibles. Même sur le plan régional ou provincial, peu de différences sont à signaler, si ce n'est que l'Atlantique est un peu plus fort sur ce phénomène.


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En fait, ce qui caractérise avant tout ces « biomanistes », ce sont leurs valeurs, motivations et cordes sensibles. Leur connexion à la nature est avant tout synonyme de potentiel. Ils partagent ce sentiment qu'il y a du « non réalisé » en eux et qu'une plus grande symbiose avec la nature, avec ce qu'elle a de mieux à offrir (environnements, cadre de vie, aliments, etc.), leur permettrait de faire sortir le meilleur d'eux-mêmes, de se développer personnellement davantage, d'être plus créatifs, d'avoir plus d'emprise sur leur vie. Des sentiments que semblent confirmer les études citées par l'article de la BBC cité précédemment.

Les opportunités pour les marques

L'opportunité de marché m'apparaît gigantesque! Ne considérons que les plus engagés, c'est-à-dire 27 % d'environ 28 millions d'adultes au pays : près de 7,6 millions de consommateurs! Des produits et services comme des aliments, des vêtements (tissus naturels et technologies « wearables »), des applications, des équipements sportifs, du tourisme, des projets d'architecture, un nouvel urbanisme à réinventer : les possibilités sont infinies! La clé, via toutes ces offres, sera de proposer aux consommateurs, aux gens, des expériences (de marques notamment) de reconnexion avec la nature, de symbiose. Particulièrement dans un contexte d'hyperurbanisation, c'est plus qu'une opportunité, c'est une nécessité de nous rebrancher avec la vie! De nos jours, tout le monde parle de villes intelligentes; pour ma part, je crois qu'on devrait aussi parler de villes plus « vertes ».


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La 3e de Mahler comme célébration de notre unité avec la nature

Plusieurs œuvres musicales ou lyriques auraient pu illustrer la symbiose avec la nature. Mon choix s'est arrêté sur la 3e symphonie de Gustave Mahler. Un des joyaux les plus étincelants de l'histoire de la musique occidentale, une monumentale célébration panthéiste de notre rapport à la nature! D'une structure narrative initiale évoquant le parcours biblique de la création, « créationniste » dirait-on aujourd'hui, la trame musicale me semble totalement dénuée de toute onction eucharistique.

Particulièrement le dernier mouvement qui célèbre justement la place de l'Homme (et de sa fiancée) dans le cosmos. Une furie symphonique éclate devant nous. Un déluge sonore nous témoigne de l'expansion de l'univers. Une inondation orchestrale, une force sauvage nous catapultent dans le cosmos, comme pour nous rappeler qu'une certaine humilité devrait inspirer notre rapport à la nature! 

J'ai choisi pour vous la toute fin de l'œuvre, dirigée par Claudio Abbado au Festival de Lucerne en 2008. Une finale qui, il me semble, appelle au recueillement quant à notre place dans l'univers.

Gustave Mahler, Symphonie No 3, Claudio Abbado, Lucerne Festival Orchestra, Festival de Lucerne, 2008, EuroArts.